Cloud and chimera

Pensées hybrides

Author: Léo DAGUET (page 2 of 5)

EARTH DAY 2018 2: PAYSAGES DE SONS

VOYAGE A TRAVERS LES PAYSAGES
JOUR 2

« Un matin de la fin du mois de mars 2007, au lever du soleil, j’effectuais des enregistrements le long de la frontière sud du parc provincial Algonquin, à environ 300 kilomètres au nord de Toronto. Je venais d’installer mon matériel sur le bas-côté d’un chemin quand, à ma grande surprise, je me suis retrouvé entouré par deux meutes de loups, l’une devant moi et l’autre derrière. »
B. Krause, Le Grand Orchestre des Animaux

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Ready Player One (S. Spielberg, 2018)

Depuis quelques années, le cinéma de science fiction occidental semble bégayer.
Alternant prequel, reboot et cross-over, il revisite les mythes puissants apparus dans la seconde moitié du XXième siècle. Les héros de Marvel, Star Wars, Star Trek, Blade Runner viennent à chaque nouvel épisode hanter une génération qui a de moins en moins en commun avec celle qui les a inventés. Avec Ready Player One, Steven Spielberg érige cet art de la répétition au statut de manifeste, célébrant une pop culture riche et colorée, que s’est pleinement appropriée la génération des années 2045.

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Star Wars, le Mythe et la taille de l’Univers

Dans la cosmologie mésopotamienne, l’une des plus anciennes qui soit parvenue jusqu’à nous, le monde s’organise en quatre parties bien distinctes. La Terre s’étend grosso modo des rives de la Méditerrannée, de la Mer Rouge, et du Golfe Persique, jusqu’aux montagnes du Nord de l’Arménie. Elle est bordée à son extrémité par deux Océans, puis par deux chaînes de montagnes qui forment d’immenses piliers sur lesquels s’appuie la voute céleste (An/Samu), et où évoluent les différents astres, reflets des Dieux. Sous la Terre se tient un immense océan qui en est son miroir, l’Apsu, domaine d’Enki/Ea. Au-delà, « l’En bas », Enfer sans retour, sous les ordres d’Eres-kigal et son compagnon Nergal.

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Bruno Latour et les racines de Macbeth

Il ne faut pas plus que quelques minutes, et cent cinquante vers à peine pour que le spectateur et le lecteur de Macbeth n’apprennent, au début de l’acte I, ce qu’il adviendra dans la suite du récit.

Première Sorcière – Salut, Macbeth, salut à toi, sire de Glamis
Seconde Sorcière – Salut, Macbeth, salut à toi, sire de Cawdor
Troisième Sorcière – Salut, Macbeth, qui seras roi.

Macbeth, I, 3, trad. Y. Bonnefoy

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Blade Runner 2049 (D. Villeneuve, 2017)

Quelques secondes, à peine, après les premières images, et le film nous saisit, avec une intensité rare, dans son ambiance hallucinatoire. La musique spatiale inspirée de Vangelis. Les couleurs. Le ciel uniformément gris et la terre identique. La voiture volante. Le réplicant K.
Quelques secondes, à peine, sans un mot prononcé, quelques secondes, à peine, d’émotion brute, son, images, qui remettent en place le décor. Quelques secondes, à peine, et trente-cinq ans ont passé, avec ce vertige qui n’a cessé de nous hanter et de se démultiplier à l’infini de nos questionnements depuis.

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Deus Ex Machina

La meilleure illustration d’un Deus Ex Machina sur une scène de théâtre m’a toujours paru être l’apparition du Commandeur, à l’acte IV du Dom Juan de Molière, et surtout dans la scène correspondante du Don Giovanni de Mozart.

Le génie de Mozart semble avoir volontairement souligné le caractère artificiel de cette apparition pour la hisser jusqu’au sublime, au surnaturel du théâtre.
Tandis que tonne l’orchestre, résonne avec gravité cette réplique qui me paraît être la définition la plus pure du Deus Ex Machina, à la fois parfaitement tautologique, voire banale, et en même temps terriblement tragique et théâtrale:

« Don Giovanni a cenar teco m’invitasti e son venuto »

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EARTH DAY 2017: DAY 5 L’Homme et la Nature (3/3): C.D. Friedrich, J.M.W. Turner, la montagne et l’espace

K.D. Friedrich, Das Eismeer, 1824

C.D. Friedrich, Das Eismeer, 1824

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EARTH DAY 2017: DAY 3 L’Homme et la Nature (2/3): E. A. Poe, la moisissure et le temps

« I had so worked upon my imagination as really to believe that about the whole mansion and domain there hung an atmosphere peculiar to themselves and their immediate vicinity– an atmosphere which had no affinity with the air of heaven, but which had reeked up from the decayed trees, and the grey wall, and the silent tarn–a pestilent and mystic vapour, dull, sluggish, faintly discernible, and leaden-hued.

Shaking off from my spririt what must have been a dream, I scanned more narrowly the real aspect of the building. Its principal feature seemed to be that of an excessive antiquity. The discoloration of ages had been great. Minute fungi over-spread the whole exterior, hanging in a fine tangled web-work from the eaves. Yet all this was apart from any extraordinary dilapidation. No portion of the masonry had fallen, and there appeared to be a wild inconsistency between its still perfect adaptation of parts, and the crumbling condition of the individual stones. In this there was much that reminded me of the specious totality of old wood-work which has rotted for long years in some neglected vault, with no disturbance from the breath of the external air. Beyond this indication of extensive decay, however, the fabric gave little token of instaility. Perhaps the eye of a scrutinising observer might have discovered a barely perceptible fissure, which, extending from the roof of the building in front, made its way down the wall in a zigzag direction, until it became lost in the sullen waters of the tarn. »

E. A. Poe, The Fall of the House of Usher

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EARTH DAY 2017: DAY 1 L’Homme et la Nature (1/3) Shakespeare, la tempête et le laboratoire

« Vents, soufflez à crever vos joues, vents, faites rage!
Et vous, tornades et cataractes, jaillissez
Jusqu’à noyer nos clochers et leurs coqs!
Feux sulfureux, plus prompts que la pensée,
Avant-courriers de la foudre qui fend les chênes,
Brûlez ma tête blanche! Et toi, et toi,
Ô tonnerre, ébranleur de tout ce qui est,
Aplatis de ton choc l’énorme sphère du monde,
Brise les moules de la Nature, détruis d’un coup
Les germes qui produisent cet homme ingrat. »

Shakespeare, Le Roi Lear, III,2 (trad. Y. Bonnefoy)

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Ghost in the Shell (R. Sanders, 2017)

Qui est le Major Mira Killian? Quelle définition de son identité reste possible, dans un monde de double convergence, où robots et humains sont indiscernables, où corps et réalité peuvent librement être « augmentés », où les souvenirs et la conscience peuvent être hackés, contrôlés, effacés ou altérés? Qui parle, au juste, en son nom, lorsqu’elle donne ou refuse son consentement à voir certains de ses souvenirs téléchargés, analysés, détruits?

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